Le Moutherot

L'eglisePerché sur une colline, contrefort du massif de la Serre, à la limite du Jura et de la Haute-Saône, le village du Moutherot domine, à l’ouest la vallée de l’Ognon, à l’est les plaines du Doubs.
Une vue exceptionnelle s’offre aux visiteurs qui peuvent apercevoir tous les petits villages alentours, la citadelle de Besançon et au loin, par temps clair, le Mont-Blanc, le Mont Poupet, le Ballon d’Alsace…
Quelques vieilles maisons avec d’étroites ruelles forment le centre du village, autour de sa mairie et de l’église. Il ne reste plus rien du prieuré, « petit monastère » qui avait donné son nom au Moutherot . Seul un petit édifice au toit de lave, « le cellier des moines » témoignage d’un lointain passé.
Bien qu’en dehors des routes nationales , le site attire pour son panorama. Les cyclistes et cyclotouristes apprécient le dénivelé à franchir pour y accéder, les marcheurs sont nombreux à emprunter les sentiers balisés, au départ d’Etrabonne, qui les conduisent à travers bois.
Le village est calme : pas d’hôtels, pas de commerces, pas d’écoles, ce qui n’empêche pas l’augmentation spectaculaire de la population.
Autrefois « plus petit village du canton d’Audeux », le Moutherot compte maintenant 145 habitants, un chiffre jamais atteint. Ils étaient 134 en 1790, 103 en 1846 et l’exode vers les villes commença au début du XXème siècle lorsque le phylloxera frappa durement les vignobles qui faisaient vivre les villageois.
En 1960, il n’y avait plus que 20 habitants.

Un renouveau avec le vignoble

vue depuis les hauteursLa vigne, plantée par les bénédictins au XVème siècle et qui recouvrait les coteaux à perte de vue jusqu’à la fin du XIXème siècle avait disparu. Quelques arpents avaient été replantés par des agriculteurs alentours.
En 1987, Henri COLIN réalisa son rêve d’enfant, replanter la vigne qu’il parcourait avec son grand-père.D’année en année, de parcelle en parcelle, au prix d’un dur labeur, le vignoble s’est agrandi jusqu’à couvrir 7,5 hectares plantées en Chardonnay.
Son fils Mathieu, 21ans, après des études au lycée viticole de Beaune et un Bac pro « viticulture » en poche, reprend le flambeau, passionné qu’il a toujours été pour la vigne.
Depuis l’origine, le vignoble étant cultivé sans pesticides, sans engrais chimiques et sans désherbant, l’objectif de Mathieu, qui ne manque pas d’ambition, est d’obtenir la dénomination « bio » pour ses vins.
« Il ne s’agit pas de revenir au cheval, il y a maintenant des engins très adaptés à la culture bio, respectant l’environnement. »